Le Conseil Général en honorant cet ouvrage d’une importante
souscription, nous a permis de commencer la publication d’une histoire des
communes de l’Hérault.
Puissions-nous, sous de si heureux et bienveillants auspices
poursuivre l’œuvre à laquelle nous avons consacré nos labeurs depuis plusieurs
années. Notre département, par sa situation géographique, la nature de son sol,
sa riche production vinicole, son histoire, ses monuments, est sans contredit
un des plus beau de France.
N’est-ce pas un devoir de l’écrire et par le livre, contribuer
à développer parmi nos compatriotes l’amour du Pays Natal, le plus précieux de
tous, le seul qui puisse affermir et assurer la vitalité de notre patrie.
Montpellier, le 26 août 1894
Albert FABRE
Extrait des
délibérations des séances du Conseil Général de l’Hérault
Du 20 septembre 1893
Le Conseil Général a été saisi d’une demande de Monsieur Albert
Fabre tendant à obtenir une souscription de sa publication sur l’histoire des
communes de notre département.
Votre commission après avoir examiné sérieusement les pièces
fournies par Monsieur Fabre et qui comprennent les premières feuilles de cette
publication, des gravures et des lettres très élogieuses de Messieurs Henri
Martin, Elisée Reclus et Paul Lacroix a pensé qu’elle devait encourager un
travail aussi considérable et aussi utile en souscrivant à un exemplaire du 1er
volume pour chacune des bibliothèques des écoles laïques communales de
l’Hérault.
Cet ouvrage serait appelé à rendre de grands services à nos
enfants. Il renfermerait non seulement l’histoire de la commune, mais dans des
chapitres sur la géologie par Monsieur Paul De Rouvelle, sur la flore par des
statistiques, sur la production à différentes époques, sur la population, et il
sera permis d’avoir connaissance sur le Pays Natal.
En conséquence votre commission nous propose d’accueillir
favorablement la demande de Monsieur Fabre et de votre l’article 19 de ce
présent chapitre, la somme de 1200 francs pour 400 exemplaires qui seront remis
relus par Monsieur Fabre et envoyés aux bibliothèques scolaires par les soins
de Monsieur le Préfet. Adopté dans la séance du 3 septembre 1894 le Conseil
Général a souscrit 338 exemplaires pour un autre volume et à des exemplaires de
l’édition de luxe, le montant s’élève à 1200 francs.
COLLABORATEURS
Maurice FABRE
Je dois à la collaboration de mon frère la plus grande partie
des chapitres relatifs à l’histoire des communes du canton de Roujan. Pendant
onze ans de 1872 à 1883 nous avons réuni de nombreux matériaux sur l’histoire
de notre département. Travailleur infatigable il s’était donné pour mission de
rédiger les notes relevées dans les archives des communes, de la Bibliothèque
Nationale, et les ouvrages sur l’Hérault et le Languedoc.
Il a écrit l’histoire à peu prés complète de plus de 100
communes du département, dont quelques unes comme celle de Lodève forment un
manuscrit de 4 volumes in quarte.
Sa mort survenue en 1883, m’a laissé seul pour continuer cette
œuvre aussi considérable.
Monsieur Paul De Rouvelle a bien voulu écrire pour ce volume,
un chapitre sur la géologie des terrains du canton de Roujan.
Monsieur Biche professeur de botanique au collège de Pézenas
nous a communiqué ses notes sur la flore du canton de Roujan.
Monsieur Durand professeur à l’école d’agriculture de
Montpellier a mis à notre disposition ses statistiques sur la reconstitution du
vignoble.
Monsieur Aubouy secrétaire de la société d’horticulture et
d’histoire naturelle de l’Hérault nous a communiqué des notes sur les communes
du canton.
Monsieur Barthelet archiviste du département nous a facilité la
tâche ardue de l’épigraphie par l’exacte traduction des inscriptions tombales
et carpanaires.
Monsieur Lucien Gauthier de Paris a gravé à l’eau forte les
planches, leurs textes d’après nos dessins et des vues photographiques.
Qu’ils reçoivent nos plus sincères remerciements.
Les lettres d’Henri MARTIN
J’ai reçu et examiné avec grand intérêt vos nouvelles
monographiques, vous poursuivez avec courage et succès une entreprise très
méritoire que je voudrais voir imiter ailleurs dans la proportion la plus
étendue possible.
C’est ainsi que nous finirons par avoir connaissance complète
de notre France. Vos concitoyens et leurs représentants au Conseil Général de
l’Hérault s’honorent en vous soutenant dans la continuation de ce travail si
estimable et si utile.
20 août 1882
Vous parlez du passé de chaque commune, vous donnez la liste
des seigneurs…mais n’importerait-il pas aussi de donner les causes de
l’augmentation ou la diminution des habitants, d’esquisser au moins l’histoire
de la commune ? Me serait-il bon aussi d’aider à la reconstruction
agricole du pays en signalant les nouvelles cultures qu’il serait possible d’y
introduire, en racontant les efforts qui y ont été tentés, les succès partiels
ou les insuccès qu’ont eu les cultivateurs. N’y a t-il pas moyen de traiter
cette question sans blesser les amours propres ?
Clarens, le 14 janvier 1880
Vous savez depuis longtemps combien votre entreprise me paraît
excellente. Chaque commune doit avoir son histoire écrite dans un pays où
l’instruction est une vérité. Il faut qu’elle apprenne à se connaître comme
personne collective et en soit pas une simple agrégation d’individus.
Il importe aussi de voir quels contrastes ont produit, dans les
destinées de chaque commune, les diversités du milieu. Les anciens chants, les traditions
locales, les usages, les coutumes sont un précieux trésor qu’il serait criminel
de ne pas étudier puisqu’il en est encore temps. Il est également très utile de
faire une description et une statistique très précise de chaque commune dans le
moment actuel, afin que des travaux futurs puissent s’étayer en toute assurance
sur les travaux présents. Telles sont les raisons qui me font désirer la
continuation et la réussite de votre immense travail. Puissent les imitateurs
être nombreux.
Clarens, le 20 décembre 1881
Je ne puis assez applaudir à votre entreprise patriotique qui
me paraît devoir être encouragée par le Conseil Général de l’Hérault comme par
les Conseils Municipaux.
Les renseignements que vous avez rassemblés sur l’histoire
physique, civile et morale de chaque commune sont en quelque sorte les titres
de noblesse de la localité. J’attache surtout beaucoup d’importance aux dessins
dans lesquels vous avez reproduit vous-même, d’une manière simple et vraie, les
vues du pays et l’aspect des monuments anciens et modernes. Je vous fais mes
compliments de vos eaux fortes qui ont des qualités réelles et un caractère
d’originalité très remarquable.
Paris, le 9 août 1882
Pouzolles est bâti sur deux coteaux séparés par le ruisseau le
Merdauls qui coupe le village en deux parties. Les constructions ont envahi le
lit de la rivière de la Tongue, très large en cet endroit, et dont les crues,
heureusement très rares, inondent les bas quartiers.
De la route de Béziers à Clermont on aperçoit le château
flanqué de deux tourelles ; à droite, l’église et son clocher, dans le
bas, une promenade ombragée de platanes. Cette commune, par sa situation, est
des plus agréables du canton.
Le territoire de cette commune offre des caractères
différents ; du côté de Roujan, ainsi que dans la direction du domaine de
Léne, certains terrains de couleur rouge et de peu de consistance qui ne
peuvent être cultivés par suite de ravinements ; quelques garrigues au
nord et au sud des plaines d’alluvions produisant d’importantes récoltes de
vins.
La Thongue, dont le lit est très large en amont et en aval de
Pouzolles, parcourt le territoire du Nord au Sud. Elle reçoit à l’Ouest les
Geyssières, l’Arriolle et Roque Maltre ; (ces trois ruisseaux forment le
Merdauls [1]qui
traverse Pouzolles) ; à l’est, les Embals et Verlouy en face Pouzolles.
La Lène, qu’il ne faut pas confondre avec la Lenne de la
commune de Montesquieu, passe près du château de Cazilhac.
Le ruisseau de l’Estang de Saint-Pregnan, est l’écoulement
naturel des terres de ce domaine.
Il y a plusieurs sources dans le territoire. La plus importante
est celle que l’on trouve sur l’emplacement du domaine de Saint-Martin.
Au tènement de Saint-Martin de Grézan se trouvait un étang
situé entre l’église de Saint-Martin et Pouzolles. Il fut desséché par les
moines de Cassan au moyen d’un aqueduc d’environ 400 mètres de longueur et 2
mètres de hauteur. Il n’en reste que quelques tronçons.
La dîme des poissons et des oiseaux de cet étang avait été
donnée à ce Monastère en 1096 par Bernard, seigneur de Pouzolles[2].
Le chemin de grande communication n°15 de Béziers à Clermont
passe au sud du village et traverse la Tongue sur un pont de trois arches ayant
chacune 13 mètres d’ouverture construit en 1865 et dont la dépense s’est élevée
à 45000 francs.
Le chemin n°30 de Murviel-les-Béziers à Villeveyrac venant de
Magalas et le n°46 de Gabian à Servian traversent le village.
Le Pech Petou est le point le plus culminant de la commune de
Pouzolles du côté de Fouzilhon. A cet endroit existe une croix au pied de
laquelle se croisent deux chemins formant 4 angles appartenant chacun à une
commune différente. La chronique rapporte que les seigneurs de Magalas,
Fouzilhon, Gabian et Pouzolles se réunirent un jour autour d’une table placée
au milieu du chemin étant chacun d’eux assis sur les terres de son domaine.
La carte d’état-major indique les altitudes suivantes :
-
hauteur
de Mirabel 112 mètres ; Au-dessus de la croix située au croisement des
chemins de Pouzolles à Margon et de Béziers à Clermont, 90 mètres ; au
Nord près du ruisseau les Geyssières, 101 mètres ; à son entrée dans le
territoire de la commune, la hauteur à gauche de la Tongue 178 mètres.
De Montpellier 66 kilomètres, de Béziers 18 kilomètres, de
Roujan 5 kilomètres1.
Parmi ceux dont les noms ne sont pas vulgairement connus, il
faut citer : Ronquail, où se trouvait une ancienne métairie ; Pech
Pétou, le Tibre et la Dongue, le Mas des Enfants, Puberté, Guindragues ou
Guindargues, Gaudefon, Puech Fario, Puech Jani, Puech Mirabel, La Garenne, Le
Thou, Saint-Martin, Le Trépous, ancienne ferme.
Cazilhac situé entre Pouzolles et Magalas ; Saint-Pregnan
sur la route de Béziers à Clermont.
ORIGINE
Ainsi que dans toutes les communes des environs on a trouvé de
nombreux témoignages de l’occupation romaine.
Le plus ancien est du XIème siècle ; depuis
cette époque, Pouzolles est mentionné dans un grand nombre de chartes et
cartulaires :
1054 Pociolas
1088 Pozolas1
1159 Castellum de Podolis2
Au XIIème et XIIIème siècles, Pozolis
En 1544 Pouzoles
En 1600 Pouzolles.
D’après les Bénédictins De Vie et Dom Vaissette3, ce nom dériverait de Podoli, puits
d’huile.
Cette étymologie nous paraît vraisemblable, la proximité de la
source de pétrole à Gabian permet d’ailleurs de supposer qu’il devait en
exister d’autres à Pouzolles.
D’après Monsieur Thomas, les terminaisons latines en oloe,
elloe ont formé les finales olles, Pozoloe, Pouzolles.4
Des ouvertures faites dans l’épaisseur des remparts prouvent
leur solidité ; en certains endroits ils avaient nous a-t-on dit, jusqu’à
3 mètres d’épaisseur. Le château et l’église sont construits sur leur
emplacement.
On entrait dans la ville par deux portes qui existent encore.
La porte Saint-Martin précédée d’un porche était défendue par
une herse et un mâchicoulis ; elle fait face au faubourg de ce nom. Sa
construction paraît remonter au XVème siècle. C’est par cette porte
que l’on sortait pour se rendre à Saint-Martin de Grezan. On traversait le
ruisseau du Merdauls par un pont construit en 1288.
Cette date était gravée sur la partie nord. Ce pont a été
remplacé, il y a quelques années par un tablier métallique.
La place de l’ancien Bourg est celle qui se trouve en face de
la porte et du pont.
C’est de ce côté que Montmorency l’aurait assiégé et forcé.
Il y eut en 1556 une peste qui dépeupla, comme nous l’avons dit,
le hameau de Grezan à la suite de laquelle on fit un vœu que l’on célèbre tous
les ans, le vendredi avant les Rameaux.
Pouzolles fut pris en 1569 par les religionnaires sous la
conduite de Jacques de Crussol Sieu de Baudinè, et de Narbonne Caylus, seigneur
de Faugères, leurs chefs.
Quelques années plus tard en 1576, les catholiques sous la
conduite du maréchal Damville Montmorency reprirent ce bourg aux Huguenots qui
l’occupaient depuis 7 ans. La résistance fut opiniâtre et le siège très
difficile. Le duc de Montmorency y perdit beaucoup de monde, notamment deux
officiers supérieurs qu’il aimait beaucoup, Montataire Colonel de la Cavalerie
Française et Louis de Madailhan son maréchal de camp et son homme de confiance.
Montmorency donna un assaut furieux et, après avoir saccagé et brûlé le Bourg,
fit pendre le Gouverneur.1
COMMUNAUTÉ
DIMES
– ETABLISSEMENTS – PROCÈS
Il n’existe dans les archives de la commune aucun document sur
l’organisation de la communauté ainsi que sur les Consuls ou autres Officiers
Communaux.
La communauté jouissait d’une maison consulaire et de plusieurs
autres établissements, on lit dans le compois de 1759 : « Un dessus
de maison servant de maison consulaire aux faubourgs Saint-Martin, rue de la
Coste » et on note : « le dessous est le four banal. Plus une
maison presbytérialle avec pigeonnier, jardin, écurie, patus dans les
murs ».
Armoiries
D’hermine à un perlé losangé d’argent et de sinople (vert).

Le chapitre en qualité de prieur primitif affermait la dîme
pour 1620 livres et 14 setiers de blé passé à la malegorge. Saint
Pregnan était affermé 880 livres.
Situé aux faubourgs, il confrontait la maison curiale. Les
terres appartenant à cet hôpital se trouvaient entre l’ancien chemin de Gabian
à Béziers et celui de Pouzolles à Cazilhac. Un tènement porte encore le nom de
L’aumône.
La communauté de Pouzolles eut aussi son procès avec le
Chapitre de Cassan.
Un arrêt du Parlement de Toulouse ordonnait aux chanoines de
Cassan de faire la remise du cartulaire de ce prieuré.
Cet arrêt n’étant pas exécuté, la cour des aides de Montpellier
allait rendre un nouveau jugement, lorsque les parties se désistèrent à la
suite de quelque arrangement afin d’éviter un jugement et la remise du
cartulaire.
On affirmait à Roujan en 1720 que le prieur claustral avait
fait un pont d’or aux habitants de Pouzolles.
Pouzolles appartint primitivement au canton de Servian, mais en
l’an X cette commune fut placée dans le canton de Roujan.
Une partie des habitants ne virent pas avec plaisir en 1791, le
curé constitutionnel ; on lui fit charivari. Il y eut des troubles. On
envoya de la milice pour rétablir l’ordre ; enfin, tout se borna
heureusement à quelques pierres lancées contre les fenêtres de la demeure du
curé et il n’y eut même pas d’arrestation.1
On avait établi dans la commune un atelier de salpêtre ; on
vota en 1793 la somme de 400 livres pour des réparations.
Le nombre de volontaires en 1793 s’éleva à 21.
Le 30 ventose an VI on célébra la fête de la souveraineté du
peuple. Le procès verbal dit qu’on chanta les refrains sur l’air de la Descente
de l’Angleterre. La fête se termina par un repas civique.
Le district de Béziers autorisa l’achat d’écharpes au prix
maximum de 24 livres chacune.
Cette commune possède 3 écoles :
Ecole de garçons :………………………... 2 classes – 43 élèves
Ecole de filles :…………………………… 2 classes – 64 élèves
Ecole privée congréganiste de
filles :……. 3 classes – 72 élèves
L’école de garçon est installée dans un bâtiment communal dont
la construction remonte à vingt ans environ.
SEIGNEURS
Pouzolles était une seigneurie royale de la viguerie de
Béziers, ayant les attributs de la justice mais qui perdit la haute et moyenne
au XVIIIème siècle.
Dès le XIème siècle, les seigneurs de Pouzolles sont
mentionnés dans les donations et autres actes, en 1193 et en 1244.
En 1210, Etienne de Servian possédait la haute justice ;
il figure comme seigneur de dépossédé au profit de Pierre de L’Isle, seigneur
de Margon, Magalas, Neffiès et Pouzolles. Autres biens ; celui-ci rend
hommage en 1221 comme seigneur de Pouzolles.
En 1320, Ferdinand d’Aragon cède la seigneurie à son frère
Jacques II d’Aragon seigneur de Montpellier.
En 1350, Arnaude de Roquefeuil, à la suite de la mort de son
fils, page de Jacques II, tué par ce prince dit-on, pour lui avoir taché un
pourpoint en lui versant du vin, obtint par un traité, pour le prix du sang,
cette seigneurie.
Les Caylar d’Espondeilhan en sont possesseurs du XIVème
au XVIIème siècle. Ils rendent plusieurs hommages au roi en 1387 et
1389.
En 1628, François de Pelet, baron de Pouzolles était lieutenant en la compagnie des gens d’armes du duc de Montmorency.
Les d’Ortolan famille protestante, occupent cette
seigneurie ; plusieurs de ses membres abjurèrent en 1671.
Daniel d’Ortolan obtint l’érection du marquisat de la terre de
Pouzolles en 1682.
En 1714, le fils aîné de Messire François de Barrés, citoyen de
la ville de Béziers et seigneur de Pouzolles, est tenu sur les fonts baptismaux
par deux pauvres de la paroisse.
En 1789, M. Gabriel de Barrès, seigneur de Combas, fut le
dernier seigneur de Pouzolles.
Les biens nobles consistaient en sept seteriées de terres, une
olivette, dite l’Aumône, une terre à Puech Fario et le château avec une maison
dite clastre vieille.
Elle appartint au roi après la croisade contre les
Albigeois ; les seigneurs n’eurent que quelques droits sur la basse
justice.
La population était, au XIVème siècle, la moitié à
peu prés de celle de Roujan.
En 1377, des lettres patentes la fixent à 25 feux.
|
En 1720 : 566 habitants |
En 1831 : 824 habitants |
En 1871 : 927 habitants |
|
En 1791 : 620 habitants |
En 1841 : 817 habitants |
En 1881 : 950 habitants |
|
En 1803 : 701 habitants |
En 1851 : 812 habitants |
En 1886 : 980 habitants |
|
En 1821 : 820 habitants |
En 1861 : 885 habitants |
En 1891 : 1024 habitants |
C’est la seule commune du canton dont la population a augmenté
à l’époque de la crise phylloxérique.
INDUSTRIE
– AGRICULTURE
Pendant plus d’un demi-siècle, des membres de la famille
Jullien figurent comme facturiers d’étoffes en laine, et le dernier de cette
famille, Etienne Jullien était cardeur de laine. Il y eut donc comme à Roujan
pendant le XVIIIème siècle une industrie, soit pour la filature de
la laine, soit pour la fabrication des draps.
Pouzolles, ainsi que Roujan, était en 1789 une des 15 communes
du diocèse de Béziers où l’on fabriquait le plus d’eau-de-vie.
La superficie de la commune est de 1001 hectares.
En 1836, 190 hectares produisaient 2060 hectolitres de blé et
343 hectares de vignes, 19200 hectolitres de vin.
En 1856, 440 hectares de vignes donnèrent une production de
8400 hectolitres de vin.
En 1882 on ne comptait que 30 hectares de vignes avec une
récolte de 750 hectolitres de vin.
En 1892 près de la moitié de la superficie de la commune était
en vignes (450 hectares) et le rendement s’est élevé à 80 hectolitres par
hectare, soit une production de 36000 hectolitres de vin. On est loin de la
production de 1856. Il y a actuellement 105 hectares de terre labourable.
Surface des vignes plantées dans la commune depuis 1882 :
|
1882 – 30 hectares |
1886 – 350 hectares |
1890 – 500 hectares |
|
1883 – 48 hectares |
1887 – 400 hectares |
1891 – 500 hectares |
|
1884 – 250 hectares |
1888 – 450 hectares |
1892 – 550 hectares |
|
1885 – 320 hectares |
1889 – 450 hectares |
1893 – 577 hectares |
Avant la Révolution de 1789, cette paroisse faisait partie du
diocèse de Béziers et de l’archiprêtré de Béziers.
Le monastère de Cassan percevait la dîme qui s’élevait à 40
livres.
Sur la grosse cloche, on lit : Etienne Blanc, procureur
fiscal, parrain, et Jeanne Hercoil, son épouse, marraine. Messire Thomas Barrès
seigneur de Pouzolles, Etienne Pons curé prieur, Nazaire autre garde, 1er
Consul, Pierre Couderc, Antoine Poujade. Consuls : Etienne Serguières,
Etienne Mas. Marguilliers : Justin Cabal fecit l’an 1774.
Devenue église paroissiale, elle a été réédifiée grâce à la
générosité des habitants ; on a élevé un clocher avec une flèche en
pierre.
On voit figurer de longues années sous le vocable de
Saint-Martin l’église du château notamment dans plusieurs actes relatifs à
l’interdiction de l’église en 1686 et en 1736. le service se faisait dans la
chapelle du château de Cazilhac par permission de Monsieur le Baron du lieu.
Il est question de l’église de Saint-Martin dans les donations
du XIIème siècle au monastère de Cassan par les seigneurs de Pouzolles.
En 1556, les habitants
de ce hameau se voyaient décimés par la peste qui désolait une partie de la
province, abandonnèrent leurs demeures pour s’établir à l’entour du château,
faisant vœu, s’ils étaient délivrés du fléau, de célébrer chaque année la fête
de Notre-Dame de la Pitié, vocable de la chapelle du Château qui, à partir de
cette époque, servit d’église paroissiale.
Ce hameau tomba peu à peu en ruines, il n’en reste plus de
traces aujourd’hui ; sur son emplacement s’élèvent quelques villas sur le
chemin de Pouzolles à Magalas.
Son emplacement est déterminé par le tènement de Saint-Jean et
par des vestiges de sépultures qui sont très nombreux dans les terres qui
l’entourent.
Ce château entouré d’un domaine très important est situé entre
Pouzolles et Magalas, sur les bords de la Lène et sur le chemin de
Murviels-les-Béziers à Villeveyrac.
On le trouve mentionné sur plusieurs chartes de XIIème
et XIIIème siècles. Cette seigneurie était indépendante de celle de
Pouzolles.
En 1170, les abbés d’Asmain en deviennent possesseurs et la
cèdent quelques temps après aux évêques de Béziers avec toute juridiction.
En 1216, le pape Honorius autorise l’évêque de Béziers à
acquérir avec d’autres domaines celui de Cazilhac. Cette seigneurie passa
ensuite dans les mains d’une branche de la famille de Caylar d’Espondeilhan
vers le milieu du XVIème siècle ; un peu plus tard elle fut
cédée à la famille de Saint-Juery.
Ancien domaine du chapitre de Cassan ; les chanoines en
firent faire le dessèchement en creusant un fossé pour l’écoulement des eaux
pluviales.
Le nom de l’étang de Saint-Pregnan lui vient du sol marécageux
des terres du domaine, qui avait la plantation de la vigne produisait peu de
céréales.
On ne trouve écrit ce nom Preignan ou Preunian qu’au XVIème
siècle et souvent Sanprinan et Camprinnan.
En 966, Alode de Sanprinan assiste comme témoin du testament du
Vicomte de Narbonne.
Les évêques de Béziers possédaient cet étang au Xème
siècle.
En 1152, Ermengaud de Servian le donne aux chanoines de Cassan
auxquels il appartenait au moment de la Révolution.
Au XIIème ou XIIIème siècle, les abords
de cet étang devaient êtres habités. L’église de Camprinnan est mentionnée dans
une bulle du pape Alexandre III, de l’année 1178, en faveur de l’église de
Béziers, mais on ne trouve aucune trace de son emplacement.
Les chanoines payaient à la communauté d’Abeilhan la somme de
300 livres pour les droits d’achat du fossé d’écoulement et des francs abords.
Cette somme est toujours payée à la commune par le propriétaire
de ce domaine.
Une transaction du 21 septembre 1710 porte que les habitants de
Pouzolles ont le droit d’aller faire paître les troupeaux dans les terres de
l’Estang de Saint-Pregnan, moyennant 12 livres par an au profit du chapitre de
Cassan.
Ce domaine est situé sur la route de Béziers à Clermont.
Fulcrand de Barrès était issu d’une famille noble qui habitait
Pouzolles au XVIIème siècle et dont plusieurs membres furent
seigneurs de ce lieu.
Chanoine et sacristain de la cathédrale d’Agde ; ensuite
Vicaire Général de Béziers, il représenta, en 1609, Jean de Bonzi, évêque de ce
diocèse au concile provincial de Narbonne ; assista en 1615, à l’assemblée
du clergé de France à Paris.
Nommé à l’évêché d’Agde par le roi Louis XIII, en 1629, ce
prélat se distingua par une tendre charité envers les pauvres et son zèle lui
faisait rechercher surtout les pauvres honteux.
Lorsque le cardinal de Richelieu passa par Agde et y contracta,
le 13 mars 1632, un bail pour la jetée du Port de Brescou, il obligea
l’entrepreneur à construire une église auprès de ce port, mais ce projet
s’évanouit par la mort du cardinal ministre.
Ce prélat mourut à Pouzolles au mois de mars 1643 et fut inhumé
dans la cathédrale d’Agde.
François de Barrès, de la même famille, naquit à Pouzolles en
1741, il fut tenu sur les fonts baptismaux par deux pauvres de la paroisse.
En 1771, il prit possession du siège épiscopal de Béziers au
nom de M. de Bausset.
Déjà depuis le 20 juin 1750, il était pourvu d’un office de
conseiller clerc au parlement de Toulouse.
C’est à son influence que les habitants de Pouzolles doivent le
tracé du chemin diocésain (aujourd’hui route n°15 de Béziers à Clermont). Les
ingénieurs avaient déjà fait un tracé par Abeilhan et Margon, il obtint le
changement.
François de Barrès, condamné par le Tribunal Révolutionnaire pour avoir, dit le jugement, pris part aux arrêts liberticides des parlements, notamment à ceux rendus par celui de Toulouse les 25 et 27 septembre 1790 fut exécuté à Paris le 7 juillet 1794.
L’ancienne église datait du XVème siècle ; l’édifice formé
par trois nefs était éclairé par des lucarnes et par une large fenêtre de style
gothique flamboyant, à gauche de laquelle se trouvait aux meurtrières. Le
chevet en pans coupés.
Le porche de la porte Saint-Martin est le seul vestige des
remparts. Son arceau et ses mâchicoulis, et l’épaisseur des remparts semblent
affirmer la résistance des défenseurs et le siège difficile de Montmorency.
Une maison à avant corps supporté par trois consoles, porte la
date de janvier 1322 – sur une autre maison on lit : 1583.
Croix
Il existe une croix sur le chemin de Pouzolles à Margon,
portant la date de 1666.
C’est un monolithe d’environ 3 mètres de hauteur. Il existe une
autre croix qui a été découverte récemment près du ruisseau de Merdauls avec la
date inscrite sur celle-ci (1161), date de la découverte 1867.
Des remaniements successifs ont enlevé à sa façade son
caractère primitif. On y accède par un chemin assez escarpé ; une large
terrasse permet à la vue de s’étendre au loin.
Après avoir franchi la porte d’entrée on se trouve dans une
petite cour dont les ouvertures rappellent l’époque de sa construction que l’on
peut attribuer au commencement du XVIème siècle.
On vient de mettre à jour une galerie au rez de chaussée et une
fenêtre au 1er étage.
On voit encore la prison avec son ancienne porte aux nombreuses
serrures et son judas permettant de voir le prisonnier. Près de la porte
d’entrée était la niche du chien de garde.
Le château avait primitivement plusieurs tours ; il n’en
reste que deux qu’on aperçoit de très loin et qui dominent les constructions
avoisinantes.
Château de Cazilhac
Situé près du ruisseau de la Lène, ce château renferme une tour
carrée, d’une époque bien antérieure à
la construction. Edifié sur un plan rectangulaire avec quatre tours aux angles,
on accédait à l’intérieur par le côté nord. Son architecture rappelle les
constructions massives du commencement du siècle dernier.
Sur les bords du ruisseau une vieille masure avec ses fenêtres
à croisillons indique bien l’existence d’un château antérieur dont la tour
carrée en pierre de taille paraît avoir été le donjon. Un aqueduc amenait l’eau
dans un réservoir.
[1] On trouve dans les archives : Merdols, Berdols, Verdols
[2] Dans une charte du XIème siècle
1 Les communes les plus rapprochées : Margon : 3 km, Gabian : 3 km, Fouzilhon : 4 km, Abeilhan : 4 km 300, Magalas : 5 km 300, Puissalicon : 5 km 700, Les châteaux de Cazilhac et de Saint-Pregnan sont à 2 km 300
1 Pozolas
(Gallia Christiana)
2 Cartulaire d’Agde
3 Manuscrit de la Bibliothèque Nationale
4 Dictionnaire topographique de l’Hérault. Les homonymes sont nombreux : Pouzols (canton de Gignac), Pouzols (Aude), Pouzol (Puy-de-Dôme), Pozzols, Pouzolles (Italie)
1 Histoire du Languedoc. Mémoire de Gaches, etc.
1 Délibération du district de Béziers. (Archives de l’Hérault).